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David Hockney décroche la lune dans une lumineuse exposition  à Paris

« La curiosité n’est pas une quête de nouveauté pour la nouveauté, c’est une exigence de l’esprit qui refuse de s’endormir. J’ai été fascinée par cette nouvelle exploration de David Hockney.

On pense souvent que la maturité est synonyme de stagnation, mais Hockney nous prouve le contraire : en s’emparant de l’iPad pour peindre la lune, il dépouille l’art de ses outils traditionnels pour n’en garder que l’essence pure : la lumière et le mouvement. C’est une leçon de vie autant que d’esthétique. Être curieux, c’est accepter de redevenir un débutant, de poser un regard neuf sur un astre que l’on croit connaître, pour finalement y découvrir une clarté inédite. »

Dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, Claude Monet guettait l’ouverture de ses nénuphars sur son étang de Giverny. Puis, son œil vieillissant ayant capturé l’instant fugace, le chef de file de l’impressionnisme en travaillait le motif, inlassablement. Normandie toujours, plus de cent ans après : David Hockney, figure tutélaire de la peinture contemporaine, court après le lever de la Lune, qui éclot au seuil de la nuit pour mourir au petit matin. De la pointe du stylet, l’artiste en restitue l’émotion sur son écran d’iPad.

Avant que l’exposition ne s’éclipse le 7 mai, à la galerie Lelong, rue de Téhéran dans le 8e arrondissement à Paris, on peut contempler (et s’offrir) ce morceau de lune douce, réuni dans « The Moon Room », titre choisi par l’artiste de 88 ans pour révéler cet ensemble de quinze œuvres, présenté pour la première fois au musée des Beaux-Arts de Rouen en 2024, avant de rejoindre la fondation Louis Vuitton l’année suivante.

« Le cerveau de Hockney est la preuve vivante que la curiosité maintient la plasticité neuronale. En apprenant un nouvel outil à 80 ans, il redessine littéralement sa structure mentale. »

Belle de nuit

Instinctivement, il saisit son iPad et donne naissance à un nouveau cycle, peignant chaque pleine lune tout au long de 2020.

En avril 2020, David Hockney passe le confinement dans sa ferme du pays d’Auge, cette Normandie devenue la terre d’adoption du peintre connu pour ses piscines californiennes. Le jour, il regarde les pommiers fleurir et les champs verdir. Une nuit,  une lumière inhabituelle filtre à travers les volets. Attiré comme un papillon, l’artiste sort de son lit et découvre une pleine lune d’une ampleur rare.

Hockney venait de lire Clair de lune, recueil de nouvelles de Maupassant de 1882, dont l’action se déroule dans ces paysages normands qu’il observe chaque jour depuis sa fenêtre. Instinctivement, il saisit son iPad et donne naissance à un nouveau cycle, peignant chaque pleine lune tout au long de 2020 : au total, quinze paysages nocturnes ont surgi du 8 avril au 5 décembre.

La nuit du 31 octobre 2020 est exceptionnelle. David Hockney réalise cinq dessins en une seule nuit, changeant cette fois de point de vue à chaque évolution de l’astre dans le ciel. En décembre, sur la dernière œuvre de la série, des guirlandes et un arbre de Noël scintillent, offrant un épilogue des plus magiques à cette année pas comme les autres.

Aussi exposé à Londres

En parallèle de cette exposition parisienne, A Year in Normandie, immense fresque inspirée de la tapisserie de Bayeux, ainsi que les dernières peintures de l’artiste sont visibles à la Serpentine Gallery de Londres jusqu’à la fin du mois d’août. Au firmament de son art, David Hockney n’a pas fini de nous éblouir.